Nous voici donc arrivée au terme d’une année
2009 très mouvementée, les messages ont été
forts en direction des Arméniens d’Arménie
Occidentale.
Tout d’abord 2009 correspondait au Centenaire de
la phase Génocidaire des Arméniens de Cilicie,
est là, le monde entier a compris que réduire le
Génocide des Arméniens uniquement à 1915 faisait
partie d’une stratégie manipulatrice et
falsificatrice des véritables phases
d’extermination.
C’est pourquoi, il en restera dans l’esprit des
individus une phrase clé, qui est :
Il est clair aussi, que le Centenaire du
Génocide des Arméniens de Cilicie a déclenché
une prise de conscience politique réelle sur les
droits des Arméniens en Cilicie et dans ce
domaine nous avons fort à faire.
En contre partie, comme
une réponse pourtant bien maladroite de la
France, elle lança à travers la figure de
l’Europe, « une Saison Culturelle dite Turque »
accompagnée d’un élan de générosité ayant pour
support un pardonnable pardon allant même
jusqu’à proposer une fraternité plutôt cynique
devant le crime raciste qu’ont dû subir les
Arméniens.
Evidemment, et loin de
s’arrêter là, le processus arméno-turc allait
aboutir sur deux protocoles controversés, et
sans la moindre concertation avec les autorités
d’Arménie Occidentale. D’ailleurs c’est ce qui a
permis au Conseil National Arménien de demander
au gouvernement de la République Arménienne, la
reconnaissance du droit à l’autodétermination
des Arméniens d’Arménie Occidentale, droit qui a
été reconnu en son temps par la Russie, lors de
la parution d’un décret le 13 janvier 1918,
quatre mois avant la déclaration d’indépendance
de l’Arménie Orientale, il est nécessaire de le
rappeler, et ce décret prend toute son
importance aujourd’hui.
Durant toutes ces péripéties, Vahagn Tchakhalian
est toujours arbitrairement enfermé par les
geôliers géorgiens, le Conseil National Arménien
lors du Congrès des 21 et 22 novembre 2009 a
transmis un message clair à la présidence de la
Géorgie demandant la libération immédiate de
Vahagn Tchakhalian, déclarant le Président
Mikhail Saakashvili comme directement
responsable d’avoir privé de sa liberté et de sa
sureté un homme détenu irrégulièrement. D’autant
plus que relativement aux accusations, Vahagn
n’a pas bénéficié d’un procès équitable, qui lui
aurait permis de retrouver sa liberté dans des
conditions de procédure normale.
Si le gouvernement géorgien envisage de
poursuivre une politique du pire au Djavakhk,
il aura fort à faire, ne prenant pas en compte
que nos deux peuples font partie des peuples les
plus anciens de la région.
Les Arméniens ont eux aussi une mémoire et ils
sont aussi capables de se rappeler le massacre
des Arméniens à Pakourian en mai 1918 et la
destruction du cimetière de Khodjivank.
Quoiqu’il en soit un froid a recouvert les
relations fraternels entre le Conseil National
Arménien et le gouvernement de la République
Arménienne lorsque nous avons compris que
Monsieur Serge Sarkissian a pris la décision de
signer des protocoles permettant d’entreprendre
l’ouverture de relations diplomatiques avec la
Turquie alors que cette même Turquie est
aujourd’hui sollicitée pour reconnaître ses
crimes et de rendre justice au peuple arménien
d’Arménie Occidentale comme, en décolonisant
notre berceau ancestral.
Et tout ceci à quarante huit heures de la
commémoration mondiale des victimes relative au
crime de génocide des Arméniens en Arménie
Occidentale de 1894 à 1923. Pour un symbole
c’est un symbole, mais quelle honte !
Il est tout aussi clair que le gouvernement
d’Arménie Orientale n’a pas compris que nous
étions en procédure contre la Turquie et n’a pas
daigné partager sa stratégie diplomatique avec
les autorités d’Arménie Occidentale afin que
dans la concertation les effets relatifs à cette
stratégie voire même sa nécessité, soient mieux
appréhendés. Le rouleau compresseur est passé en
quelques jours sur les millions de victimes
arméniennes dans l’espoir d’une ouverture d’une
ligne de démarcation qui pourrait remplir un peu
les poches de ceux qui ont « l’avantage de
bénéficier des faveurs turques ».
Reste à savoir si demain les autorités
d’Arménie Occidentale entrevoient de signer un
jour des protocoles diplomatiques avec
l’Azerbaïdjan, dans le fond pourquoi pas,
pendant qu’on y est, à chacun ses intérêts, la
guerre en Artsakh ne nous concernerait pas,
l’épuration ethnique des Arméniens d’Azerbaïdjan
ne nous concernerait pas, la destruction du
cimetière de Djugha et l’épuration ethnique des
Arméniens du Nakhitchevan ne nous concernerait
pas, on peut toujours aller loin dans la bêtise
ou l’acte de trahison, mais il vaut mieux
s’arrêter là pour le sujet !
Dans la réalité du moment, le gouvernement
d’Arménie Orientale s’est donc désolidarisé du
combat pour la justice du peuple arménien
d’Arménie Occidentale, ceci ne veut pas dire que
le Conseil National Arménien ne va pas
poursuivre son programme de restructuration de
la nation arménienne, d’affirmation de
l’identité arménienne d’Arménie Occidentale et
de sa diplomatie via l’Organisation des Nations
Unies, bien au contraire.
Les Arméniens d’Arménie Occidentale se
retrouvent renforcés dans leur détermination à
se reconstituer comme sujet de droit
international pour faire valoir leurs droits
fondamentaux, équivalent aux droits légitimes de
tous les peuples de la planète et en particulier
aux droits des peuples anciens reconnus
aujourd’hui par la majorité des Etats au
monde.
A ce titre, il se passe des choses plutôt
extraordinaires puisque les peuples anciens dit
autochtones, travaillent actuellement dans le
cadre de l’OMPI afin de mettre en place un
système juridiquement contraignant en direction
des Etats dans le but de préserver nos
expressions culturelles traditionnelles et
folkloriques, nos savoirs traditionnels et nos
ressources génétiques.
Dès lors, pouvons-nous imaginez meilleur moment
pour faire valoir nos droits à l’existence en
tant qu’ancienne nation ?
2010 permettra de poursuivre nos actions, de
renforcer nos positions, et surtout d’appliquer
sur le terrain le combat contre un racisme vécu
par les Arméniens avant, pendant et après le
génocide. Nier les droits à l’existence d’un
peuple en tant que lui-même est un acte
profondément et intentionnellement raciste.
La prise de conscience commune de cette
situation déplorable, permettra aux Arméniens
d’Arménie Occidentale expatriés, miraculés, dans
l’unité, de se prendre en charge sans plus
attendre, c’est à nous d’en décider !
2010 sera l'année du Djavakhk pour les Arméniens
d'Arménie Occidentale !
Guetsé Arevmdian Hayasdan
Arménag Aprahamian
Membre fondateur du Conseil
National Arménien
Communiqué en arménien
Cartes de Vœux
en arménien